Alcoa se retire de Halco – Après avoir « tué » Simandou Rio Tinto veut-elle empêcher le projet d’extension de la CBG ?

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Alcoa se retire de Halco – Après avoir « tué » Simandou Rio Tinto veut-elle empêcher le projet d’extension de la CBG ?

L’entreprise américaine Alcoa, un membre du consortium Halco Mining Inc. composé entre autres de Rio Tinto-Alcan qui cogérait la compagnie des bauxites de Guinée (CBG) s’y est retirée pour des raisons de réorganisation globale et stratégique, dit-on. C’est ce qu’indique une lettre que l’américaine Alcoa a adressée au gouvernement guinéen.

Selon le contenu de ladite lettre, ce retrait d’Alcoa n’est nullement lié au gouvernement guinéen mais plutôt à la réorganisation interne entamée par la direction de la compagnie pour se positionner sur le plan stratégique.

Ironiquement, ce départ d’Alcoa de Halco Mining Inc. se fait au moment où la SFI (société de finance internationale), une filiale de la banque mondiale a annoncé un prêt de près 200 millions de dollars américains à la CBG pour permettre à l’entreprise minière de procéder à la l’extension de l’usine. Cette extension devrait permettre à la compagnie des bauxites de Guinée d’augmenter non seulement sa capacité de production de la bauxite cuite mais aussi de renouveler ses équipements en même temps pénétrer les marchés chinois.

Justement, Rio Tinto-Alcan ayant compris qu’Alcoa s’est retirée de Halco, essaye de prendre le contrôle du conseil d’administration de la CBG afin de « saboter » ou « empêcher » le projet d’extension, a-t-on appris. Et la Guinée, qui n’a tiré aucune leçon pratique de la saga de Simandou, semble lui faciliter la tâche en « acceptant » aveuglement cet autre état de fait au détriment des populations guinéennes, a-t-on appris de sources minières généralement très crédibles.

Selon ces sources, l’extension de la CBG permettra à l’entreprise d’approvisionner les marchés chinois en bauxite. En réussissant à pénétrer les marchés chinois, cela créerait une sorte de compétitivité directe entre la bauxite produite par la CBG en Guinée et celle extraite des mines de Rio Tinto en Australie sur les marchés chinois puisque les Chinois se ravitaillent à partir des mines australiennes détenues par l’anglo-australienne.

« Lorsque Rio Tinto-Alcan prendra le contrôle de l’équipe managériale de la CBG, il n’y aurait aucun doute que ses dirigeants gèlerons le projet d’extension comme ils ont fait pour le cas de Simandou pour ne pas que les marchés chinois soient inondés de bauxite, ce qui pourrait logiquement réduire le prix du minerai sur le marché mondial…», estiment nos sources qui s’interrogent si la Guinée va-t-elle continuer à se faire berner par Rio Tinto et jusqu’à quand ?

Cette information est corroborée par Rio dans une sortie médiatique rapportée par nos confrères de Ibrasive.com. « Rio est anxieuse par l’augmentation de la production et l’exportation de la bauxite en Guinée. Cela aura pour effet d’accélérer la baisse du prix de son minerai en Queensland », commente Rio Tinto citée par Ibrasive.com.

« En fait, Alcoa dans son retrait de la CBG, a fait preuve de fair-play avec notre pays. Ses dirigeants n’ont pas voulu faire des problèmes avec la Guinée. Mais il vous souviendra que lorsque GAC (global alumina corporation) était en train de faire sa raffinerie à Sangarédi, le groupe Halco Mining Inc. avait annoncé un projet d’extension de la CBG. Mais c’est Rio Tinto qui avait piétiné ce projet. Et manifestement, lorsqu’ils acceptent l’extension de la CBG (phase 2), celle-ci bloquera leur projet d’extension qu’ils sont en train de développer à Weipa, en Australie dont la production démarrera en 2019 (phase 1) », nous affirme un spécialiste des questions minières qui a requis l’anonymat.

« Le vrai impact n’est pas lié à leur projet en Australie mais, c’est relatif à celui de la CBG dont la production, une fois l’extension terminée, sera destinée aux marchés chinois et qui pourront créer une valeur ajoutée importante pour la Guinée. Mais ce rêve ne sera possible qu’en empêchant Rio Tinto-Alcan de prendre le management de la CBG en vue d’éviter le blocage de cet autre projet… », lâche-t-il.

Malgré nos multiples tentatives, l’anglo-australienne n’a retourné ni nos appels téléphoniques ni nos courriels. De même, aucun officiel guinéen n’a voulu se prêter à nos questions, du moins pour l’instant.

La CBG a été fondée par le gouvernement guinéen et les partenaires de Halco Mining Inc. en 1963. La Guinée détient 49% des actions, et les partenaires de Halco Mining Inc en possède 51%. Ceux-ci comprennent Alcoa (22,5%) ; Rio Tinto-Alcan (22,95%) et Dadco (5,10%). Elle exploite la mine de Sangaredi avec environ 2400 employés. Elle exporte 15,2 millions de tonnes de bauxite par an et son permis d’exploitation est valide jusqu’en 2038.

avec guineenews

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