Guinée: l’opposition hausse le ton

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Guinée: l’opposition hausse le ton

L’opposition envisage d’organiser un grand rassemblement pour protester contre le président Condé. Elle se dit aussi ouverte au dialogue.

Longtemps prévu suite aux relations tendues entre l’opposition et le pouvoir depuis juillet dernier, les principaux opposants au pouvoir d’Alpha Condé mettent leur menace à exécution. Ce mercredi, au sortir d’une réunion des leaders politiques au QG du parti du chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, ils ont décidé de tenir, le 7 janvier 2015, un meeting  »géant » sur l’esplanade du stade du 28 septembre à Conakry.

Le but de ce regroupement est d’ « informer nos militants et sensibiliser nos populations sur les dérives de la gouvernance, sur les enjeux des élections et de la gouvernance, de ses dérives et les moyens pour la Guinée de sortir de l’ornière », a expliqué le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla. En marge de la séance de sensibilisation, l’opposition guinéenne égraine une multitude de de griefs.

Elle exige la reprise du recensement général de la population et de l’habitat qui, d’après M. Sylla, a mis en évidence des anomalies au niveau de la population guinéenne. La frange politique veut aussi un calendrier électoral précis qui va définir l’agenda des élections et s’oppose formellement à un cumul des élections locales et présidentielles. «Il n’est pas question d’aller à l’élection présidentielle avec des administrateurs territoriaux nommés qui n’ont pas la légitimité populaire puisqu’ils ne sont pas élus», proteste l’opposition.

Aux précédentes manifestations qui ont été réprimées dans le sang, les opposants souhaitent que des poursuites judiciaires soient engagées contre  »les auteurs et commanditaires des actes de violences qui ont émaillé les différentes manifestations politiques de l’opposition, et le paiement des indemnités et dommages matériels aux victimes de ces manifestations politiques ».

Courrier

En outre, l’opposition affirme avoir reçu un courrier du ministre de la Justice qui lui a suggéré la réouverture du dialogue suspendu depuis juillet dernier. A cette doléance, les opposants au régime Condé entendent  »écrire un courrier réponse au Garde des sceaux » pour lui confirmer leur volonté de renouer avec le dialogue.

Aboubacar Sylla affirme que l’opposition n’acceptera pas un dialogue qui, à son terme,  »ne peut aboutir à des perspectives de décrisper le climat politique et connaître des avancées significatives ».

Répondant au président de la République qui refuse l’aide financière de la communauté internationale aux prochaines élections, l’opposition précise que le gouvernement ne peut pas financer des élections pour un montant qui dépasse les 500 milliards de francs guinéens.

« Alors que nous qui sommes à l’Assemblée Nationale, nous venons d’examiner un budget fortement déficitaire. Ceci ne peut avoir qu’une seule explication : le gouvernement ne veut pas avoir le regard de la communauté internationale sur ces élections, comme cela s’est passé pendant les législatives de septembre 2013 ».

L’opposition estime que la présence des observateurs internationaux a permis d’apporter une clarté, de la transparence dans certains scrutins locaux. Et pourtant, « l’implication des observateurs de la mission de l’Union Européenne avait permis à changer la donne dans certaines circonscriptions aux dernières législatives », développe Aboubacar Sylla.

Tirant les leçons du passé, poursuit Aboubacar Sylla, « le président Alpha Condé veut organiser plus qu’une fraude massive, qu’une élection transparente ».

afriqueactualite.com

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