Interview : SAHARA  adjugé du marché de fourniture de carburant à la Guinée, le Directeur National des produits pétroliers et Dérivés s’explique

Traduire la page - Translate this page

Interview : SAHARA adjugé du marché de fourniture de carburant à la Guinée, le Directeur National des produits pétroliers et Dérivés s’explique

Mosaiqueguinee.com a tendu son micro à M. Diakaria Koulibaly, Directeur National des Produits Pétroliers et Dérivés et Président du Comité d’Importation. Sans langue de bois, il parle dans cet entretien des objectifs de sa structure, ses difficultés et perspectives ainsi que de l’attribution du marché de fourniture du carburant à la Guinée à la société Sahara. Lisez….

Mosaiqueguinee.com : Quelle est la date de mise en place de cette direction ? 

M. Diakaria Koulibaly : Elle a été créée suite au réaménagement des structures du département du commerce le 6 mai 2014. Le directeur national  et son adjoint ont été nommés en juin 2014 et les attributions de la direction ont été publiées le 11 Août de la même année.

Quels sont les objectifs de la direction nationale des produits pétroliers et dérivés? 

La Direction Nationale des Produits Pétroliers et dérivés  a pour mission la mise en œuvre et le suivi  de la politique du Gouvernement dans le domaine de la commercialisation des produits pétroliers et dérivés.
A cet effet, elle est particulièrement chargée de concevoir, d’élaborer et de réviser, le cas échéant, la législation et la réglementation en matière d’approvisionnement, de transport, de stockage et de vente des produits pétroliers et dérivés ; de concevoir et de constituer une banque de données statistiques sur les activités relatives à la commercialisation des produits pétroliers et dérivés; de piloter le processus d’approvisionnement du pays en produits pétroliers et dérivés en conformité avec les procédures en matière d’appel d’offres et d’attribution du marché; d’assurer l’approvisionnement  en produits pétroliers et dérivés pour des besoins stratégiques de l’Etat et de veiller à la gestion de ces stocks; d’élaborer mensuellement la structure des prix du carburant; de veiller au respect des règles de la concurrence dans le secteur pétrolier en liaison avec les services techniques concernés; de veiller au respect des normes de qualité des produits pétroliers et dérivés commercialisés en République de Guinée en liaison avec les services techniques concernés ; de veiller au respect des normes techniques des installations pétrolières et dérivés en liaison avec les services techniques concernés….

Quels rapports existent-ils entre votre structure et les sociétés de distribution de carburant ? 

C’est une relation de tutorat. Le Département du commerce assure la tutelle du secteur pétrolier en  matière d’importation et de commercialisation de produits pétroliers et dérivés. A ce titre, il veille à travers la Direction Nationale des Produits Pétroliers et Dérivés au fonctionnement judicieux du secteur pétrolier en rapport avec les textes législatifs et autres réglementations en vigueur en République de Guinée.

Vous avez présidé le comité qui a attribué récemment à Sahara le contrat de fourniture de carburant à la Guinée. Comment cette société a obtenu ce marché ? 

En 1990, la République de Guinée  a entrepris la réforme économique dans l’objectif de la libéralisation afin d’accroître le rôle du secteur privé dans l’économie nationale. Pour le secteur des hydrocarbures, cette réforme s’est traduite par le retrait de l’Etat de toutes les activités à caractère commercial.
Et depuis l’approvisionnement du pays en produits pétroliers  est assuré par un comité d’importation institué par l’Ordonnance N°048/PRG/SGG/90 du 26 Juin 1990 portant ratification du Protocole d’Accord pour l’approvisionnement de la République de Guinée en produits Pétroliers.
Le choix du fournisseur se fait par le biais d’un appel d’offre international piloté  par le comité d’importation. Ainsi pour anticiper la fin du contrat de Sahara afin octobre 2014, le comité d’importation s’est réuni  le 12 Aout 2014 pour revisiter la liasse des documents constitutifs du dossier d’appel d’offre et de convenir de la liste des fournisseurs à consulter.
A l’issue de cet exercice,  treize (13) fournisseurs de notoriété internationale avérée dans le trading ont été choisis de commun accord pour être consulter dans le cadre de la fourniture de la Guinée  en produits blancs pour la période allant du 1er Novembre au 31 Octobre 2015. Sur ces (13) treize  consultés, (04) quatre seulement ont soumissionnés à savoir: stasco, Addax, Trafiguira, et Sahara. Pour le non-respect des procédures du règlement de la consultation, les soumissionnaires Stasco et Addax  ont été disqualifiés, le premier pour la  transmission du dossier  par la  voie non autorisée (DHL) et le  refus de se faire représenter à  la séance de dépouillement pour raison de l’épidémie Ebola dans le pays, et le second pour avoir déposé son dossier en retard.
Ainsi, pour avoir respecté les règlements de la consultation, les plis afférents aux offres techniques et financières des  soumissionnaires Trafiguira et Sahara  ont été dépouillés et les résultats ci-après ont été obtenus: techniquement, tous les deux fournisseurs ont été jugés apte à fournir la Guinée en produits blancs.
Mais sur le plan des offres financières, Trafiguira a proposé une marge trader de 63 USD/TM assortie d’une mention de clause contractuelle sur l’épidémie Ebola dans le contrat. Et Sahara quant à lui, a proposé 57 USD/TM accompagnée d’une lettre de compassion pour  le peuple de Guinée en cette période difficile de l’Épidémie Ebola.
Vu que ces deux propositions d’offres financières de marge trader étaient décalées du  plafond   des  20 USD/TM mentionné dans l’arrêté interministériel conjoint portant modalités de déterminations des prix des produits pétroliers, j’ai demandé en ma qualité du président du comité d’importation  la suspension du processus d’attribution  du marché de commun accord avec les autres membres du comité afin de me  permettre de me référer  à l’autorité pour des éventuelles instructions. Au vu des résultats, l’autorité et le comité d’importation se sont donnés un moratoire pour questionner le marché afin d’identifier une fourchette de marge trader  raisonnable pouvant servir de base de négociation avec le mieux disant SAHARA.
Au terme de ce sondage, il s’est avéré qu’une marge trader dans la fourchette de  45 USD/TM  à  50 USD/T est raisonnable en tenant compte  de l’évolution  des paramètres mondiaux dans le marché d’approvisionnement des produits pétroliers. C’est ainsi que le comité a obtenu  de l’autorité,  son aval d’ouvrir la négociation avec  le soumissionnaire mieux-disant Sahara  qui a finalement  concédé de revoir à la baisse son offre financière de marge de trader à 49.95 USD/TM. C’est donc à cette marge trader que Sahara a été attribuée  du marché de fourniture de la Guinée pour une période contractuelle de douze mois à compter du 1er Novembre 2014.

Et pourtant, certaines personnes  soupçonnaient certains cadres de l’Administration membres du comité d’importation d’avoir perçu des commissions pour attribuer ce marché à Sahara ? 

Il n’y a aucune possibilité d’avoir des négociations interpersonnelles ou cloisonnées avec le trader. Tout passe par un appel d’offres transparent et  collégialement géré  par un   comité tripartite composé de représentants de l’administration,  des sociétés  de distribution et de la Société Guinéenne des Pétroles. Tout de même quand j’ai eu ces échos en ma qualité du président du comité d’importation, je me suis  fait le devoir de convier dans mon bureau les journalistes de Espace Fm en l’occurrence Messieurs Boubacar DIALLO et Moussa Moise SYLLA  et celui de DJIGUI FM en l’occurrence Monsieur Lamine Mognouma CISSE pour venir s’enquérir de la réalité. Ils ont été professionnels en acceptant d’y passer et toute la documentation afférente à la gestion du processus  leur a  été mise à disposition pour leur propre appréciation. Au vu de ces supports,  ils m’ont certifiés avoir eu  la conviction assise que le processus s’est déroulé dans la transparence et le respect des procédures et ça je le dis  sous leur contrôle.

Aujourd’hui, quels genres de difficultés vous rencontrez dans le fonctionnement de votre service ? 

Comme toute structure naissante, on a des difficultés d’ordre logistique. Nous n’avons pas de bureau, nos services déconcentrés prévus à l’intérieur du pays ne sont pas encore installés , mais il faut  dire que l’autorité s’attèle activement  à nous outiller. C’est l’occasion de saluer les efforts de notre  ministre de tutelle, de celui des finances, de la primature et de la  Présidence de la République qui nous accompagnent de tout leur soutient en cette phase  de démarrage de nos activités.

Quel bilan tirez-vous depuis votre arrivée à la tête de cette structure ? 

Depuis la publication des attributions de  notre Direction courant du mois d’Aout 2014, nous avons procédé aux actions  ci-après:
Nous avons revisité les textes législatifs qui réglementent le fonctionnement du  secteur pétrolier  afin de les dépoussiérer pour  mieux les adapter   à la réalité  du moment. Et avons fait la mise en place d’un cadre de concertation permanent avec les pétroliers    sous le label du comité technique pour débattre de toutes les questions de dysfonctionnements du secteur.
Il y a aussi l’élaboration d’une procédure de collecte des intentions de commandes de produits pétroliers et de leur répartition au prorata des parts de marché de chaque importation-distributeur. Et l’élaboration d’une procédure de prêts confrères de produits  ou de  convention de dépannage entre les opérateurs pétroliers. Nous avons ensuite élaboré et adopté deux codes d’éthique et de bonne conduite  pour les importateurs distributeurs et l’administration de la Société Guinéenne des Pétroles visant à interpeller ces operateurs aux meilleures pratiques vis-à-vis de la concurrence, de la règlementation et des normes des installations, de l’administration fiscale et parafiscale. Et tout dernièrement, nous avons conçus avec les pétroliers les modelés de tableaux standards de remonté d’informations pour le rapprochement des éléments du panier de la réconciliation avec rédaction des procédures y afférentes.

Quelles sont vos  perspectives ? 

Nous projetons d’auditer les installations pétrolières  dédiées aux stockages  et  à la distribution des produits pétroliers dans le pays. Effectuer une mission d’étude comparative dans un panel de pays limitrophes   afin de s’instruire des meilleures pratiques de ces pays et d’en tirer le meilleur  profit. Nous envisageons aussi de procéder à l’évaluation à court, moyen et long termes des besoins infrastructurels et logistiques du pays en capacité de stockage en perspective d’un boum économique dont les terreaux propices se mettent graduellement en place avec la performance économique en cours de réalisation par le gouvernement de la République sous la clairvoyance du Président Professeur Alpha CONDE

Que faire pour une utilisation rationnelle du carburant ? 

L’Etat fait énormément d’efforts pour subventionner le prix  du produit pétrolier à la pompe afin de l’adapter au revenu du guinéen. Nous devons donc nous efforcer d’utiliser rationnellement ce produit stratégique en s’abstinent de toute action de spéculation ou de contre bande transfrontalière.

Réalisée par Mamadou Oury Bah
00224 622 129 768

A propos de guineeline

Guineeline.com site d'information sur l'actualité guinéenne, politique, sportive, économique, société et divers. Guineeline l'information en un clic.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*