«Le football n’est pas une entreprise, mais une industrie», selon  M’Bemba Sylla, éducateur de l’académie Lappé Bangoura.

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«Le football n’est pas une entreprise, mais une industrie», selon M’Bemba Sylla, éducateur de l’académie Lappé Bangoura.

M’Bemba Sylla, alias BEN pour les intimes, ex-international guinéen de 35 ans dirige l’académie ‘’ Kanfory Lappé Bangoura’’. Une académie informelle d’apprentissage de jeunes talents appelée encore centre de formation de Joseph Blatter se situe au quartier Nongo, dans la commune de Ratoma. Au micro de guineeline.com, le jeune talent explique ses ambitions pour le football guinéen et le contour de son centre de formation. Nous vous proposons en exclusivité cet entretien, lisez…..

Guineeline.com : Monsieur M’Bemba Sylla, parlez-nous de votre carrière de footballeur ?

M’Bemba Sylla : Merci de l’opportunité que vous me donnez afin de pouvoir m’exprimer à travers votre micro. J’ai joué dans plusieurs clubs européens et africains. J’ai fait 4 ans à Mince, une saison a Liesse, une année à Monstre, 3 ans en Roumanie au national de Bucarest et 7 ans en Afrique du sud. Il dirige désormais une académie informelle d’apprentissage de jeunes talents, dénommée ‘’Académie Kanfory Lappé Bangoura’’. Dans cette interview avec guineeline.com  BEN revient sur son nouveau job.

Après ce grand parcours footballistique, quelles sont vos ambitions pour l’avenir ?

Mon ambition est d’aider la jeunesse guinéenne, après une expérience vécue à l’étranger. Je suis là pour partager mes connaissances avec la jeunesse guinéenne. J’ai toujours dit que je ne suis pas un entraineur, je suis un éducateur sportif. Le football guinéen a d’abord besoin d’éducateurs. Tous les guinéens savent jouer au ballon, mais ils ne sont pas éduqués. Et pourtant, l’éducation et la scolarisation sont primordiales pour eux.

Qu’attendez-vous  des autorités en charge du sport, notamment du football ? 

Il faut que l’Etat crée les conditions en investissant dans le football. Parce qu’aujourd’hui, le football n’est pas une entreprise mais une industrie. C’est pourquoi je demanderai de faire comme les années 1996. Notre génération a été sélectionnée à l’école, si les autorités pouvaient refaire ça, obligé les enfants de partir à l’école, mettre la sélection au compte des écoles. Si un enfant sait qu’il ne sera sélectionné qu’à l’école, chaque jour il ira à l’école. En Guinée, on fait la sélection dans les rues. Ils refusent d’aller à l’école. Donc pour eux, quand ils partent à l’école, ils perdent leur temps. Ils préfèrent abandonner l’école au profit du football.

Est-ce que les entraineurs ne sont pas responsables des erreurs que les jeunes commettent souvent sur le terrain, tant sur la technique que tactique? 

Déjà, pour être un formateur, il faut être bien formé. Les gens se lèvent un bon matin pour se dire entraineur, nous guinéens on est très complexé. Vous savez la déformation des joueurs viennent de ces gens qui n’ont aucune formation. Ils se disent entraineurs et mais ils ne le sont pas. Chez moi, mon règlement intérieur est que les 24heures sont subdivisées en trois temps, 8 heures de sommeil, 8 heure de travail et 8 de repos. J’aide les enfants à se développer. Et je suis exigeant à mes principes. Un jour mon formateur (coach) m’a dit qu’il ne forme pas un joueur mais un responsable de demain. C’est une chose réelle.ben sylla (1)

L’académie ‘’Génération foot‘’ a été vainqueur de la coupe des académies et champion du Sénégal saison 2017, est-ce qu’on peut s’attendre la même chose de l’Académie Lappé? 

Tout dépendra des moyens. Eux, ils ont été patients, ils se sont assignés des objectifs et aujourd’hui ils sont là où ils sont. Donc en Guinée, on peut faire mieux que ça. Nous avons beaucoup de talents, il suffit juste de les mettre en confiance. Ils évoluent dans les rues. Pas d’écoles de sports, mais vous voyez le niveau du jeu, qu’ils ont produit lors des récentes compétitions. Plusieurs connaisseurs du cuir rond et même les gens de la CAF disent que le Syli était la meilleure formation du tournoi. Donc cela prouve qu’il faut se lever comme un seul homme pour aider les jeunes joueurs.

Votre mot de la fin ?

 C’est encore interpellé les autorités en charge des sports de se bouger pour le rayonnement du sport guinéen. Et les hommes de bonne volonté d’investir. C’est en cela une nouvelle fois que les résultats seront visibles.

Abdoul Gadiry Diallo

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