Lutte contre la drogue en Afrique francophone: des acteurs en conclave à Saint-Louis pour une meilleure prise en charge des consommateurs

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Lutte contre la drogue en Afrique francophone: des acteurs en conclave à Saint-Louis pour une meilleure prise en charge des consommateurs

La première édition du cours Ouest Africain sur les droits Humains et les politiques de lutte contre la drogue en Afrique francophone a démarré le 6 novembre 2017, dans la ville de Saint-Louis, à environ 300 km de la capitale sénégalaise. Objectif, trouver des stratégies à mettre en œuvre pour mieux prendre en charge les consommateurs de drogue.

Organisé par la fondation OSIWA et l’équipe du Professeur Mbissane NGOM de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, ce cours regroupe des participants (journalistes et autres acteurs de la société civile et responsables de structures de lutte contre la drogue, Ndlr) venus de dix pays de l’Afrique francophone, notamment le Benin, Burkina Faso, Cote D’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Togo, la République Démocratique du Congo, la Mauritanie, Niger, Sénégal avec des facilitateurs sénégalais et d’autres venus de la France, du Canada et des Etats Unis.saint-louis1

Plusieurs thématiques font l’objet de débats pendant ce cours comme la lutte contre la drogue et le système pénal, les droits de l’homme dans les politiques de lutte contre la drogue. Ce qui a permis d’analyser les mécanismes actuels de lutte contre la drogue pour en tirer des enseignements en termes de réussite et d’échec; a mis en évidence l’inefficacité d’une politique de lutte contre la drogue fondée sur la répression en identifiant les enjeux cachés de la répression tout en expliquant aux participants l’impact de la répression sur la situation sociale des consommateurs de la drogue.

Ces présentations ont mises à nu les carences des différentes législations et politiques des pays francophones d’Afrique dans le cadre de la lutte contre la drogue qui se fondent toujours sur la répression.

La répression du consommateur de drogue est-elle la solution?

La politique fondée sur la répression des consommateurs s’est toujours avérée inefficace dans la lutte contre la drogue. Il a été démontré que c’est seulement les trafiquants qu’on doit réprimer et non les consommateurs. C’est du moins ce qui ressort des communications de Fabrice Olivet et Me Brice Magna Sylva. « La répression des consommateurs de drogue n’est pas la meilleure réponse possible », explique Fabrice Olivet qui démontre l’échec de la réponse pénale. Pour lui, il faudrait que les consommateurs soient pris comme des personnes malades ‘’patients’’ qui ont besoin d’une prise en charge médicale et d’une réinsertion sociale.

Il s’avère alors plus que nécessaire de réformer les différentes législations pour intégrer la prise en charge sanitaire des consommateurs de la drogue.

De la perception du consommateur

Il s’avère que les consommateurs de drogue ont un caractère marginal, alors victimes de stigmatisation ou de rejet dans les sociétés Africaines. « Ils sont souvent considérés comme des voleurs, des bandits, des vaux-rien, des délinquants… Et pourtant rien de tout ça n’est logique», a dit Ousmane Guèye, ancien consommateur de drogue injectable. A l’analyse des exposés, on constate que la stigmatisation et la répression ne sont pas les meilleures réponses pour lutter contre le trafic et l’usage de la drogue.

Sur le plan du respect des droits humains, M. Jihonda Joseph Mané laisse entendre que les consommateurs de drogue sont avant tout des humains ayant les mêmes droits et devoirs que les autres. « Ils ont la liberté de consommer les produits de leur choix sans pour autant nuire celle des autres. Mais, ils ont en même temps le droit d’être protégé de la punition et appuyer dans le sens d’un encadrement sanitaire », avance-t-il.

La prise en charge

Le Dr Idrissa Bah, directeur du centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD) a ensuite développer l’approche santé du Sénégal dans la lutte contre la drogue avec la réduction des risques.  Il a montré les intérêts et limites de la médicalisation comme philosophie et non comme méthode de soins en utilisant le cas spécifique du Sénégal.

Le médecin a ensuite présenter des initiatives relevant d’une stratégie de réduction des risques au CEPIAD.

De son côté,  Daouda Diouf de ENDA santé  a dévoilé les stratégies mises en œuvre pour réduire les risques liés à la consommation de drogue tout en analysant les traitements de substitution.

Il a enfin invité les participants à mener des plaidoyers dans leurs différents pays pour la mise en place d’un programme à long terme de réduction des risques liés aux usagers de la drogue.

Cette formation prendra fin le samedi 11 novembre 2017.

Mamadou Oury Bah, depuis Saint-Louis

 

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