Saint-Louis : vers une prise en charge médicale des consommateurs de drogue en Afrique

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Saint-Louis : vers une prise en charge médicale des consommateurs de drogue en Afrique

C’est du moins ce qui ressort du cours Ouest Africain sur les droits Humains et les politiques de lutte contre la drogue en Afrique francophone qui se poursuit dans la ville sénégalaise de Saint-Louis. Les participants venus d’environ 10 pays de l’Afrique francophones échangent depuis le lundi 6 novembre 2017 sur le sort à réserver au consommateur de drogue vis-à-vis du droit, de la société et de la santé.

La 4ème journée a été mise à profit pour développer une approche ‘’droits de l’homme’’ dans la lutte contre la drogue tout en promouvant les réponses sociétales de réadaptation et de réinsertion du consommateur de drogue.

Pour le Pr Mbissane Ngom, les politiques africaines de lutte contre la drogue sont centrées sur une gestion totalitaire qui considère que la consommation de la drogue est à la fois infraction et déviance.

« Il faut démontrer aux autorités et leaders d’opinion que la consommation de la drogue n’est pas une infraction et dépénaliser la consommation en faisant une désescalade dans la sanction pénale (diminution de la sanction, Ndlr). Il est bien de prévoir la variante médicosociale sur la variante répressive tout en favorisant la création des réseaux  privés de prise en charge des consommateurs », explique le doyen de la faculté des sciences juridiques de l’université Gaston Berger de Saint-Louis.

Il ressort qu’il est nécessaire de promouvoir une action sur la relation dérivée en promouvant une ouverture du champ pénal qui va permettre de prévoir des peines alternatives à l’emprisonnement des consommateurs de drogue. Le Pr Ngom a fait un accent particulier sur la réduction des risques par l’élaboration d’un dispositif acceptant l’offre des services réduction des risques (RDR).

En claire cette session a permis de séparer les problèmes sociaux des problèmes sanitaires et démontrer que les réponses sociétales de réadaptation et d’intégration peuvent fournir des résultats plus probants.

Comment concevoir un plaidoyer pour une prise en compte des droits de l’Homme dans la lutte contre la drogue est l’autre session qui a été longuement discuté entre M. Massagui Thiandoum et les participants.  Il a permis aux participants d’avoir des éléments de langage pour favoriser une prise de conscience de la dimension RDR et de la dimension droits humains dans la lutte contre l’usage de drogue.

Pour lui, il faut à travers le plaidoyer amener les autorités et leaders des différents pays à prendre des décisions de façon à changer la perception et le traitement du consommateur de drogue en Afrique. « Il faut mettre un visage humain du consommateur de drogue aux forces de sécuritaires et judiciaires », explique-t-il.

La journée du samedi sera consacrée à la visite du centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD) pour découvrir l’expérience des sénégalais dans la prise en charge des consommateurs de drogue basée sur une approche médicalisée et sur la réduction des risques. Ce, pour que les participants puissent mener des plaidoyers pour l’implémentation de cette expérience dans leurs différents pays.

Mamadou Oury Bah, depuis Saint-Louis

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