Sénégal: femmes célibataires par choix ou par dépit

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Sénégal: femmes célibataires par choix ou par dépit

Elles vivent seules, affirment qu’elles sont plus heureuses, plus libres. Mais en secret, elles attendent souvent l’homme de leurs rêves

« Il vaut mieux vivre seule que d’être mal accompagnée ».

Nombre de femmes font leur cet adage. Elles sont belles, intelligentes, cultivées, ont des postes à responsabilités, s’assument financièrement…et ont choisi de vivre seules. Hyperactives, la quarantaine insoupçonnable, ces « célibattantes » remplissent leur agenda sans la moindre petite place pour un homme et affirment haut et fort avoir opté pour la liberté.

Ce célibat est-il vraiment un choix ?

« Je me suis construite une petite vie tranquille, sans homme », sourit Fatou, 40 ans. « Une ou deux sorties en semaine, quelques week-ends. J’ai vécu deux ruptures de mariage, je sais de quoi je parle ». Taille élancée, regard pénétrant, teint noir d’ébène, sourire accrocheur, commerçante prospère avec plusieurs échoppes à son actif, Fatou fait partie de ces femmes dont on dit : « Elle a tout pour plaire, pourtant elle n’a pas de conjoint ! »  » C’est un choix. Pour rien au monde je ne troquerais ma vie de célibataire contre une vie de couple envahissante et sclérosante », relève-t-elle.
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De plus en plus de femmes-cadres, elles aussi, vivent seules. Plutôt citadines, pleines de diplômes, ces « working women » se sont battues pour réussir dans leur vie professionnelle. Accrochées à leur autonomie financière, passionnées par leur travail, elles assument leur solitude. « A 40 ans, certaines paniquent, car elles n’ont pas vu le temps passer et n’ont pas d’enfants », analyse la psychologue Aminata Mbengue. A l’autre extrémité, d’autres revendiquent haut et fort cette solitude. Un choix pas toujours bien compris par l’entourage, conséquence souvent d’une vie de couple dont elles ont mesuré toutes les limites.
Et cette réalité, mal ou bien vécue, vire même au phénomène social : les trois quart des célibataires sont des femmes. « Je trouve cela très étrange car il n’y a pas de raison de faire une croix sur le mariage pour s’épanouir professionnellement », rétorque de son côté celle que nous appellerons Christine et qui occupe un grand poste dans l’administration territoriale.
Son activité professionnelle du reste très chargée ne l’a guère empêchée de se marier et d’avoir des enfants. Aujourd’hui, elle vit épanouie avec son mari et ses deux garçons. « Néanmoins, quand je vois l’énergie que je mets à m’occuper de ma famille, de mon couple, d’entretenir ma belle-famille, de veiller sans arrêt sur les dysfonctionnements administratifs et mener de front une grande carrière, j’en arrive à être tentée de comprendre les femmes qui ont fini par faire le choix de vivre seules », tempère-t-elle. « Je nage en pleine ambivalence, témoigne Marieme, 35 ans, attachée de presse dans une grande structure événementielle. J’adore ma vie, mon boulot, mes copines. Et je suis capable de passer un week-end cloîtrée à me dire que personne ne m’aime », souligne-t-elle.
Un sentiment d’impuissance
Oscillant entre plaisir d’être libres et déprime, les femmes célibataires se trouvent diverses excuses pour ne pas vivre à deux. Et si elles cachaient leur peur d’aimer ?
« Pendant dix-sept ans, j’ai supporté ses aventures, son humeur changeante, ses réflexions sur mon mauvais goût ou ma lenteur d’esprit, raconte avec amertume Victorine, restauratrice de 42 ans. Je me suis toujours pliée à ses décisions. Une fois, les enfants en âge d’être autonomes, j’ai craqué et je l’ai quitté ». Son histoire n’est pas une exception. En effet, un couple sur trois divorce et les statistiques prouvent que ce sont les femmes qui quittent leur mari et décident de poser la demande en justice. Avec ou sans enfants, elles choisissent bel et bien de vivre sans homme. Elles ressassent alors des vieux souvenirs, nourrissent une colère parfois légitime et s’enferment dans un « plus jamais », reportant sur leurs enfants l’affection dont elles manquent, constate Aminata Mbengue, psychologue.
Pour Astou, 49 ans, architecte, c’est différent. Ayant perdu son mari à 45 ans, elle s’est peu à peu enfermée dans son monde rempli du fantôme de l’absent idéalisé. « Il m’est impossible d’enlever ses photos de ma chambre, ou de me séparer des meubles que nous avons achetés ensemble ». Comment alors introduire un nouveau compagnon dans cet environnement où tout rappelle le passé ? Astou en est consciente : « Je ne veux pas d’un autre homme, j’aurais l’impression de trahir mon mari et mes enfants ». De son côté, Marème Faye, pharmacienne, 40 ans, apprécie de vivre « comme un mec ». « Les hommes que je rencontre sont le plus souvent mariés. Ou bien ils ont été plaqués et veulent être consolés de leur échec. Ou encore, ils sont célibataires et caractériels. Finalement, je vis très bien toute seule ». Vivre seule plutôt que mal accompagnée. Ce choix, souvent douloureux, s’avère être le résultat d’expériences malheureuses et d’échecs à répétition.
A 35 ans, paniqués, beaucoup de femmes se mettent tout à coup en quête de l’homme parfait. Vers 40 ans, prises par l’urgence d’un désir d’enfant, elles cherchent non seulement un compagnon sur mesure mais également un père responsable. « La vie affective semble partagée en plusieurs stades : une recherche d’amour passion jusqu’à 30 ans, puis le désir de fonder un foyer, une famille », observe Aminata Mbengue. Contrairement à l’homme, la femme attend un compagnon qui a au moins des compétences égales aux siennes, le charme physique en plus. Un alter ego social plutôt difficile à trouver, ajoute-t-elle. C’est le cas de cette fonctionnaire du Trésor public, qui exige un mari de rang honorable et rien d’autre.
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