Accords de pêche UE-Sénégal : CAOPA et APRAPAM portent le flambeau

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Accords de pêche UE-Sénégal : CAOPA et APRAPAM portent le flambeau


Les Négociation des Accords de pêche avec l’Union Européenne et le  Sénégal ont été entamées ce mardi 16 et se poursuivront jusqu’au 19 juillet 2019, à Bruxelles. A cette occasion, deux organisations professionnelles du secteur de la pêche artisanale (CAOPA et APRAPAM) ont fait une contribution pour un partenariat de pêche durable dont la « priorité ‘’serait’’ la pêche artisanale ».

Mamadou Aliou Diallo

La confédération africaine des organisations de pêche artisanale (CAOPA) et l’l’Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime (APRAPAM), après avoir échangé avec leurs collègues gambiens et mauritaniens, en janvier dernier, « plaident pour une approche concertée des négociations, étant donné la dimension régionale d’un certain nombre d’enjeux abordés dans le cadre des négociations entre l’UE et leurs pays respectifs ».

Dans un document transmis à notre rédaction, ces professionnels de la pêche rappellent que les négociations entre l’UE et le Sénégal d’une part, et l’UE et la Mauritanie d’autre part, se déroulent durant la même période sont une occasion de progresser vers une vision concertée des accords de partenariats entre ces deux pays et l’UE.

En termes d’accès aux ressources, des professionnels de la pêche artisanale sénégalaise inscrivent en priorité, « l’accès aux petits pélagiques ».

Pour ce qui est des protocoles existants, il est très positif que les flottes de chalutiers pélagiques de l’UE n’aient pas accès aux petits pélagiques au Sénégal, lit-on dans le document.

« Si le protocole devait être renouvelé en 2019, ajoute-t-on, il est important de conserver cet acquis, qui devrait s’appliquer à toutes les flottes d’origine étrangère ».

Pour les professionnels des pêcheurs artisans, « la première des étape que l’UE doit soutenir dans le cadre des partenariats avec le Sénégal et la Mauritanie, c’est l’amélioration de la recherche sur les ressources de petits pélagiques, et le développement, avec des moyens financiers et humains adéquats, d’une collaboration ambitieuse entre les instituts de recherche: cette collaboration devrait inclure le dialogue entre chercheurs et professionnels de la pêche, surtout artisanale, pour prendre en considération les connaissances empiriques des professionnels, mais aussi pour améliorer les données sur l’effort de pêche local et les captures ».

L’autre question à laquelle les professionnels de la pêche artisanale mettent sur la table, c’est la floraison des usines de farine de poisson. Ils considèrent que ‘’l’explosion du nombre d’usines de farine de poisson au Sénégal, en Mauritanie et en Gambie, est une catastrophe pour les communautés côtières qui dépendent du poisson. Ce développement anarchique continue de favoriser une demande élevée pour les petits pélagiques, en particulières sardinelles », déplorent ces organisations.

Déjà, lors d’un atelier tenu au Sénégal en juin 2019, organisé par APRAPAM en collaboration avec la CAOPA, les représentants de la pêche artisanale de la région ont demandé « la fermeture définitive des usines de farine existantes. »

Etant donné que les accords de partenariat de l’UE veulent se fonder sur la promotion d’une gestion durable des ressources et de la sécurité alimentaire, « il est important que le développement des usines de farines, qui affecte négativement la conservation des ressources et la sécurité alimentaire, soit abordé dans les négociations », rappellent la CAOPA et APRAPAM.

La seconde priorité est liée à « l’accès au merlu »

Le stock de merlus noirs est aujourd’hui considéré par le COPACE comme une ressource partagée entre le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal et la Gambie. Les chiffres récents de la FAO indiquent une surexploitation: 17.000 tonnes de captures dans toute la sous-région pour un potentiel de 10.900 tonnes.

“En Mauritanie, un problème particulier est que les prises accessoires de merlus réalisées par d’autres bateaux de pêche démersale et pélagique atteignent, voire dépassent les captures ciblées de merlu”.

« Cette espèce faisant partie des ressources couvertes par les protocoles avec le Sénégal et la Mauritanie (et la Gambie et le Maroc), l’UE doit mettre en place, dans le cadre des négociations, une stratégie pour favoriser une exploitation durable de cette ressource », interpelle le document.

Développement d’une pêche artisanale au thon

Sur ce point, les professionnels invitent l’UE à encourager la réflexion au niveau de la région pour le développement d’une pêcherie thonière artisanale comme c’est le cas au Ghana, et encourager le dépôt par le Sénégal, au niveau de la CICTA, de plans de développement durable d’une telle pêcherie.

Aussi, le Sénégal devrait lutter contre les effets pervers de la pêche à l’appât pour les canneurs : il se développe une forte exploitation des juvéniles de sardinelles dans la région de Dakar, préjudiciable pour le stock de petits pélagiques.

Pour ces pourparlers, les professionnels de la pêche artisanale du Sénégal ont inscrit plusieurs points, dont l’appui sectoriel, la constitution de sociétés mixtes, la transparence, l’information, la participation, et l’embarquement des marins, entre autres.

« Les négociations de partenariat de pêche de l’UE avec le Sénégal sont l’occasion d’entamer un dialogue public, incluant leurs secteurs de la pêche respectifs, y compris la pêche artisanale, et la société civile pour définir un cadre réglementaire assurant que les sociétés mixtes contribuent au développement d’une pêche durable », recommande-t-on.

Ce n’est pas tout ! Pour les professionnels, « ce cadre devrait être basé sur un ensemble de principes pour s’assurer que les sociétés mixtes opèrent de façon transparente, n’entrent pas en compétition avec la pêche artisanale locale; et sont en ligne avec les objectifs de développement durable de la pêche. »

 

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