Guinée : De nombreuses femmes meurent en donnant la vie

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Guinée : De nombreuses femmes meurent en donnant la vie

En Guinée Conakry, la santé maternelle et infantile reste une préoccupation majeure. 679 femmes sur 100 000 meurent suite à des complications pendant ou après la grossesse, selon une étude de la Banque Mondiale.

La santé maternelle et infantile devient de plus en plus une préoccupation des guinéens. Nombreuses sont les guinéennes qui meurent dans les salles d’accouchement et plusieurs enfants perdent la vie avant d’avoir 3 mois. Le taux de mortalité néonatale, post-néonatale et infantile varie entre 34  et 67 ‰, selon une étude sur le développement de la santé, menée par la Banque Mondiale en 2012.

Les causes des décès des mères sont multiples. Selon le docteur Hassan Diallo, du service pédiatrique du centre hospitalo-universitaire (CHU) de Donka,  les femmes meurent pour un grand nombre de causes, directement ou indirectement liées à la grossesse, à l’accouchement ou lors du post-partum.

« Environs 80% des décès sont dus à des causes directes. Les 4 principales sont: les hémorragies sévères, les infections, les troubles hypertensifs pendant la grossesse et les dystocies. Les complications à la suite d’avortements dans de mauvaises conditions représentent 13% des décès », explique-t-il. Quant aux  causes indirectes des décès maternels qui représentent 20% selon le médecin, il faut retenir les maladies qui compliquent la grossesse ou sont aggravées pendant cette période de la vie comme le paludisme, l’anémie, le VIH/sida, ou les affections cardiovasculaires.

chu de donka

Centre hospitalo-universitaire de Donka, Conakry

Parlant des causes de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, le docteur Diallo affirme que les plus courantes sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, la diarrhée, le tétanos néonatal et l’asphyxie à la naissance. Les autres causes de décès sont la malnutrition, les infections néonatales, la méningite ou le sepsis, et la rougeole.

Selon le médecin, de nombreuses raisons peuvent expliquer pourquoi les femmes ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin avant, pendant et après l’accouchement. « Dans certaines zones isolées, il se peut qu’il n’y ait pas de professionnels. Si les soins sont possibles, ils peuvent ne pas avoir la qualité requise. Dans d’autres cas, les femmes n’ont pas accès aux établissements de santé, parce qu’il n’y a pas de transport, que sa zone est enclavé, que les frais de transports sont trop élevés ou qu’elles n’ont pas les moyens de payer les soins », explique-t-il.

Difficiles conditions de vie d’une femme

Mariame Sylla, rencontrée sur les halls du Centre hospitalo universitaire de Donka, (CHU situé dans la commune de Dixinn, dans la capitale Guinéenne, Ndlr) nous raconte son calvaire. La quarantaine sonnée, la dame en grossesse de 6 mois explique les conditions dans lesquelles elle a perdu deux (2) de ses quatre enfants.

« J’ai eu quatre enfants, mais deux seulement sont vivants. Les deux autres sont décédés. J’ai perdu l’un suite à un accouchement par Césarienne. C’est le paludisme qui a tué l’autre 3 mois après sa naissance, par manque de moyens pour couvrir les soins médicaux en 2014. Et il y a le 5ème dans mon ventre. Je suis là pour faire un control sanitaire», explique Mariame en caressant son ventre avec sa main droite. Avec un regard tendre la dame avait un parapluie dans sa main gauche.

Mariame Sylla n’a pas fréquenté l’école. Chômeur de son état, son mari a perdu son boulot après la fermeture de l’usine de Friguia, usine d’alumine fermée en 2012, dans la préfecture de Fria. Venue de la haute banlieue de Conakry, elle revend du Mâlé Gateaux, des galettes à base de riz pour subvenir aux besoins de sa famille.

« Je joue quelques fois au ‘’Guinée-Games’’, la Lottery locale pour avoir de quoi à nourrir ma famille. Malgré mon état, je suis obligé de faire le tour de la commune pour gagner le pain quotidien », explique la dame en complet de couleur bleue un peu froissé.

Comment peut-on sauver la vie des mères en Guinée?

On peut éviter la plupart des décès maternels, car les solutions médicales pour prévenir ou prendre en charge les causes de mortalité sont bien connues, a dit le docteur Diallo. Les soins qualifiés à la naissance ainsi que l’amélioration de l’accès des pauvres aux services de santé essentiels peuvent faire un grand progrès dans ce sens. Il faut aussi, au niveau communautaire, combler les fossés existants entre les capacités et la qualité des systèmes de santé et lever les obstacles empêchant l’accès aux services.

Il faut noter que  le Gouvernement a accru les efforts liés à la gratuité de la césarienne, 43 996 accouchements dont 8 770 césariennes pour réduire la mortalité maternelle et infantile, selon le ministère guinéen de la santé et de l’hygiène publique. Il a également porté le taux de couverture vaccinale à 86 % pour la poliomyélite et à 91 % pour la rougeole. Toutefois, le paludisme reste la principale cause de morbidité et de mortalité chez les enfants guinéens.

Mamadou Oury Bah pour guineeline.com

E-mail : bmamadououry80@gmail.com

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