Kindia : la répartition des redevances payées par la CBK divise la commune et la préfecture

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Kindia : la répartition des redevances payées par la CBK divise la commune et la préfecture

Le torchon brûle entre Kabinet Diawara, secrétaire général des collectivités et Oudy Sacko, conseillé communal. La clé de répartition des redevances minières payée par la CBK aux communautés de Kindia est au cœur de ce clash dont le premier épisode à mis au prise les deux hommes qui ont failli en venir aux mains. En clair, la préfecture s’est octroyé 300 millions de nos francs dans la manne financière alors que la commune urbaine s’est retrouvée avec 100 millions. L’acte s’est passé à Kindia le lundi 23 décembre 2019.

 

Le 20 novembre 2019, la CBK a solennellement remis un chèque de plus deux milliards de nos francs (soit 292.284.86 dollars) à la préfecture de Kindia au titre des redevances communautaires de 2017. Ce lundi 23 décembre, une réunion des élus locaux a été convoquée par la préfecture pour partager le montant entre les différentes collectivités. Cette réunion qui s’est tenue en catimini, loin de tous les médias et les acteurs de la société civile locale, s’est terminée par un accrochage violent entre Kabinet Diawara, secrétaire général des collectivités de la préfecture de Kindia et Oudy Sacko conseillé à la commune urbaine.  La raison de cet accrochage est toute simple. Dans la répartition, 300 millions ont été accordé à la préfecture et 100 millions à la commune urbaine de Kindia. C’est cela qui a irrité le conseillé communal qui estime que la préfecture s’est taillé la part du lion dans la répartition de ces fonds alors qu’elle n’a aucun projet de développement à mettre en œuvre.

« Je serai d’accord qu’on coupe dans la part de toutes les autres communes pour augmenter la part de Mambia et Friguiagbé qui sont les véritables zones d’impacts… je ne serai jamais d’accord que Kindia qui est la commune centrale reçoit 100 millions sur plus de deux milliard pendant ce temps, la préfecture s’octroie plus de 300 millions. C’est cela qui me révolte !  », Explique Oudy Sacko qui s’est insurgé contre la procédure au point d’en venir aux mains et a été par la suite menacé d’expulsion de la salle manu-militari par le secrétaire général des collectivités de la préfecture.

Kabinet Diawara, de son côté trouve que le conseillé Oudy Sacko exagère en voulant que la part de la commune urbaine  soit revue à la hausse. Car  dit-il, elle a plus d’opportunité de mobilisation des recettes. Il précise tout de même qu’il ne compte pas céder à la pression du conseillé qui serait, selon lui, une façon d’encourager des autres communes aussi à contester leur part.

Devant ce bras de fer, peut-on dire qu’on n’est en train de vivre une nouvelle fois le scénario de 2015 entre le président de la délégation spéciale de la commune urbaine et le préfet d’alors? Tout porte à le croire,  en tout cas si l’on s’en tient aux dires Oudy Sacko qui se dit décidé à aller jusqu’au bout.

Mais apparemment, ce sera dans une démarche solitaire d’un conseillé face à un administrateur de l’Etat. C’est cela que révèle implicitement la réaction du maire sur cette altercation chez nos confrères de Kania Zik FM qui s’est limité à une interrogation : « je me demande ce que la préfecture va faire avec tout ce montant alors qu’ils n’ont pas de projet de développement à exécuter. En tant que maire, je les invite au calme ».

Il faut souligner que ce n’est pas une première qu’il y ait altercation entre la commune et la préfecture de Kindia et la répartition des redevances a toujours été le nœud du problème. C’est le lieu de préciser qu’il n’y a pas encore une clé de répartition standard des redevances que perçoit la préfecture de Kindia. Elle évolue chaque année selon le gré des autorités locales et obéit à un système de péréquation. Ce système est une sorte de solidarité avec non seulement toutes les neuf communes de la préfecture, mais celles qui sont impactées bénéficient du plus gros montant, et d’autres structures et services évoluant au niveau local.

Voici la clé de répartition de cette année avec les montants affectés à chaque entité :

Friguiagbé : 750 millions ;

Mambia : 750 millions ;

Madina Woula, Molota, Samaya, Bangouya, Kolenten : ont reçu chacune  75 millions ;

Souguéta : 40 millions ;

La commune urbaine de Kindia : 100 millions ;

La préfecture : 300 millions.

Le reste de l’argent a été partagé aux structures suivantes : La police, la gendarmerie, le service préfectoral de développement, la radio rurale, la radio Kaniazik FM, la radio Sabari Kindia, l’Association des personnes  Handicapés, la direction préfectorale de la promotion féminine et les religieux ont aussi été prévu dans la clé de répartition.

Vivement la mise en place du comité d’appui à la gestion du FODEL (CAGF) qui doit désormais la lourde charge de gérer la contribution au développement local des collectivités touchées par l’exploitation minière en Guinée. C’est une façon de lutter contre cette corruption à grande échelle qui gangrène les zones minières. D’ici là, les communautés impactées par les activités de la compagnie des bauxites de Kindia n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Fatoumata Kanté

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