L’arrestation de Carles Puigdemont, un coup dur pour les séparatistes catalans

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L’arrestation de Carles Puigdemont, un coup dur pour les séparatistes catalans

L’arrestation de Carles Puigdemont ce dimanche 25 mars en Allemagne provoque la colère des séparatistes catalans. Elle constitue également un tournant dans le processus politique.

Pour le « proces », ce processus visant à un divorce avec l’Espagne, c’est un coup de théâtre et aussi un tournant. Même s’il était réfugié depuis cinq mois en Belgique, pour éviter la prison, Carles Puigdemont est l’indiscutable leader de ce camp indépendantiste qui depuis août 2017 défie l’Etat espagnol en voulant rompre l’unité nationale de façon unilatérale. Cette arrestation est donc un coup très dur pour les sécessionnistes, remarque notre correspondant à Madrid, François Musseau.

Des milliers d’entre eux sont descendus ce dimanche dans les rues de Barcelone pour crier leur colère et leur soutien à l’ancien président de la Generalitat. Drapeaux catalans sur le dos, foulard jaune autour du cou, les manifestants se sont réunis à l’appel des Comités de défense de la République et de l’Association nationale catalane pour une marche en direction du consulat allemand à Barcelone.

Ils ont appelé à la libération des neuf autres dirigeants indépendantistes en prison qu’ils appellent leurs « prisonniers politiques », rapporte notre correspondante à Barcelone, Leticia Farine. Ils ont également pointé du doigt l’Europe qui ferme les yeux sur la répression dictatoriale que fait sévir, selon eux, le gouvernement de Mariano Rajoy en Catalogne. La justice, et en particulier le juge Llarena en charge de l’enquête sur le noyau dur de l’indépendantisme, n’ont pas non plus été épargnés. Ils ont été accusés d’être de mèche avec le gouvernement.

Une nécessaire refondation

Arrêté ce dimanche 25 mars en Allemagne, Carles Puigdemont sera présenté à un juge lundi pour confirmation de son identité, première étape en vue d’une éventuelle remise à l’Espagne, où il pourrait être extradé d’ici deux mois. Le Tribunal suprême espagnol veut le juger pour « rébellion », une charge très grave qui peut supposer jusqu’à 30 ans de prison. Cela s’ajoute au fait que 22 leaders indépendantistes catalans sont aujourd’hui réfugiés à l’étranger, en liberté conditionnelle ou en détention préventive.

« Les leaders indépendantistes poursuivis par la justice sont disqualifiés, analyse l’historien de l’Espagne Benoît Pellistrandi. Il va donc falloir passer par une refondation du nationalisme politique catalan avec une nouvelle génération militante, une nouvelle génération dirigeante et un nouveau programme politique. » Cela ne veut pas pour autant dire que l’indépendantisme catalan est mort, prévient Benoît Pellistrandi, mais que celui mené par ces leaders a conduit à une impasse.

Le camp séparatiste, qui a gagné les législatives régionales de décembre dernier, va-t-il pouvoir s’accorder sur un candidat qui n’est pas poursuivi par la justice ? S’il y parvient d’ici le mois de mai, la Catalogne aura un chef de l’exécutif indépendantiste. Dans le cas contraire, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy pourra convoquer un nouveau scrutin. Un scrutin que les sécessionnistes pourraient perdre et se retrouver donc marginalisés. D’ici-là, les indépendantistes ont appelé en chœur à une grève générale dans les prochains jours, le seul moyen pour beaucoup de faire entendre leurs voix.

rfi

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